Catégories
Culture Société

Des drogues à volonté

-T’en veux?
-Des drogues ou de la volonté?

American Staff -PitBull-, Rotweiller, Dobermann… voilà ce qui vient à l’esprit quand on parle de chiens dangereux, les durs, les vrais, ceux dont tout le monde sait qu’il faut se méfier. Pourtant les accidents arrivent sur les races de chiens dont nous nous méfions moins, Labrador et Jack Russel en embuscade!

Cocaïne, MDMA, LSD… voilà ce qui vient à l’esprit quand on parle de drogues, les dures, les vraies, celles dont tout le monde sait qu’il faut se méfier. Pourtant le danger vient souvent de là où on s’y attend le moins. Il est possible que les drogues douces soient les plus dangereuses car nous nous en méfions moins. Cannabis, alcool, tabac… la concurrence est ouverte! Café,PMU, BFM en embuscade.

Je n’ai pas trouvé sur le net de définition de la drogue qui me convienne. Il est vrai que je n’ai pas une grande expérience dans le domaine – quoique… – j’ai toutefois une idée bien définie de ce que je considère comme étant une drogue: Toutes les substances consommables qui apportent un premier effet positif et des effets secondaires négatifs sont des drogues. Simpliste et efficace.

Il y a trois effets secondaires aux substances psychédéliques: le premier est une amélioration de la mémoire à long terme, le deuxième est une perte de mémoire à court terme, et le troisième… je ne me souviens pas du troisième

Timothy Leary

Le mécanisme du piège: Au collège et au lycée on m’a souvent distribué des tracts expliquant que la drogue c’est pas bien blablabla. Pour ce qui est des drogues dures il faut reconnaître que cette propagande est salutaire. Par contre, jamais je n’ai lu d’explications sur le lent processus d’accoutumance aux drogues douces:

  • 1- Une dose –un verre, un joint, un café…– = un effet positif et pas ou peu d’effet négatif
  • 2- Une dose = pas d’effet positif, pas d’effet négatif
  • 3- Deux doses = un effet positif et pas ou peu d’effet négatif
  • 4- Deux doses = pas d’effet positif, pas d’effet négatif
  • 5- Trois doses = un effet positif, un effet négatif léger
  • 6- Trois doses = pas d’effet positif, un effet négatif léger
  • 7- Quatre doses = un effet positif, un effet négatif
  • 8- Quatre doses = un effet positif léger, un effet négatif
  • 9- Cinq doses = un effet positif, un effet négatif
  • 10- Pas de dose = un effet négatif et une dose = pas d’effet positif, pas d’effet négatif
  • 11- Pas de dose un effet négatif et deux doses = pas d’effet positif, pas d’effet négatif

Etc etc… jusqu’à consommer en continu toute la journée sans aucun effet. Les personnes les plus dépendantes affirment que ça ne leur fait rien, ce qui est vrai puisque c’est lorsqu’elle ne consomment plus que ça leur fait quelque chose.

Bien entendu tout ceci est assez caricatural et tout n’est pas aussi mathématique mais le principe est là.

Nous savons ce qu’est une drogue et nous savons pourquoi c’est dangereux. Avec les connaissances que nous avons en chimie, nous savons également qu’en fonction des situations dans lesquelles nous nous trouvons nous produisons notre propre drogue à l’intérieur de notre corps . Dans ces conditions, en plus des molécules telles que la cocaïne la caféine etc, toute activité peut être considérée comme une drogue. C’est ainsi qu’un marathonien fini accro à l’endorphine, un parachutiste ou un cleptomane à l’adrénaline et un sex addict à bien plus encore. Autrement dit d’un point de vue de l’addiction, notre comportement et nos activités sont autant voir plus importants que ce que nous consommons.

Comme d’autres le cannabis, on cultive chez nous le vague à l’âme, petite drogue douce et délétère.

François Mitterrand

Le secret pour profiter des drogues sans en subir les conséquences est la volonté! Ceux qui arrivent à ne prendre qu’un café par jour, un micro joint par semaine, un apéro les jours de fêtes ou pourquoi pas un rail de coke avant de monter sur scène –j’imagine– sans augmenter leur consommation peuvent en tirer un bénéfice. Tout est dans la modération. Le rythme effréné de notre société nous pousse au dopage, mais tout le monde n’arrive pas à suivre sans tomber dans le piège –Je voudrais bien arrêter de fumer, il faudrait que je boive un peu moins, ne vient pas me parler je n’ai pas encore bu mon café, vivement que je me pose devant la télé, c’est le boulot je peux pas faire autrement … etc

Pour gouverner les Français, il faut des paroles violentes et des actes modérés.

Léon Gambetta

Le gros risque avec les drogues c’est qu’elles affaiblissent la volonté, elles endorment l’esprit. A long terme la probabilité de ne pas tomber dans l’excès est assez faible. J’aime beaucoup la métaphore du zombi qui tente de trouver une explication au comportement incohérent de populations entières . Il y a tant de gens qui se considèrent comme incapables d’accompagner le monde dans son changement, incapables d’accompagner leurs pensées d’actes. Nous sommes acteurs de notre société que nous le voulions ou non –pas toi l’ermite, c’est vrai– et nous pouvons choisir notre rôle ou attendre qu’il nous soit distribué. Certains vivent très bien le fait de se laisser bercer par la société et n’éprouvent pas de culpabilité quand il pensent à l’avenir dans le monde que nous sommes en train de bâtir –ou de détruire-, c’est tant mieux, ils ont peut-être raison. Pour ceux qui n’ont pas cette chance, il est sans doute nécessaire de s’avouer que pour changer le monde il vaut mieux commencer par changer soi-même. Pourquoi pas en changeant de rôle? Celui de consommateur excessif –de drogues par exemple– a fait son temps!

3 réponses sur « Des drogues à volonté »

Je crois que l’on peut parler de « drogue » pour un élément qui fait passer d’une petite habitude à une addiction sévère. Il me semble que tu as oublié la pire, la plus douce et qui touche de plus en plus de monde: le sucre. Le travail peut aussi devenir une drogue qui permet d’échapper a certaines certaines réalités de la vie.
À plus

Aimé par 1 personne

« OK Fiston, concernant tes articles il n’y a pas encore d’effet négatif ! » -> pouce en l’ air ;-))

J’ abonde aussi au le com’ sur le sucre: un rat de labo rendu addict au sucre ET à la cocaÏne déploiera plus d’ effort pour avoir le sucre en premier,
depuis quelques temps je m’ intéresse à l’ effet direct du sucre raffiné sur les enfants, et à son dérivé fermenté ou distillé sur les plus grands,
je me demande si l’ accélération de la société et du temps ne serait pas indirectement liée à la prise de sucre raffiné, en premier lieu cette accélération est associée à la technologie et l’ informatique (les transports et la communication) mais le sucre est le carburant qui permet à l ‘homme de suivre la machine qui lui échappe,
je vous livre en exclusivité le concept de civilisation « thermo- industrielle gluco-consumériste » (aller quoi !! on avait dis qu’ on pouvait rigoler un peu )

plus sérieusement, j’ espérai que la citation suivante, qui résume bien cet article pourtant bien complet, n’ y soit pas pour pouvoir mettre mon grain de sel (ou apporter ma contribution :-),
 » Tout est poison et rien n’ est poison, seule la dose fait le poison » Hypocrate ( et peut être même avant)
certains venins mortels de plantes, d’ insectes ou d’ animaux sont les bases de nombreux médicaments
c’ est peut être ce que voulais dire l’ énumération ( à laquelle je n’ ai rien compris) de corrélations entre les doses et les effets …

Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s